Le Progrès

Beaucoup d’entre vous commencent à prendre conscience des dysfonctionnements majeurs d’un système vétuste à l’inertie démesurée. Le résultat est qu’une proportion absolument gigantesque souffrent de maladies uniquement dues aux modes de vie et de consommation modernes.

A la naissance, le risque d’être touché par un cancer ou une maladie coronarienne ou un Alzheimer au cours de son existence est de … 98,9%. Autant dire quasiment 100%. Avec ses 15 millions de décès par an, le cancer est dévastateur ! Délirant, certes, mais pas autant que les 90% d’augmentation du nombre de cancer entre 1980 et 2015 !, sans parler malheureusement aussi des burn-outs, des autistes, des dépressifs, la fibromyalgie, des nouvelles maladies auto-immunes, des gens électrosensibles, et des suicides.

Ce qui suit fait un petit tour d’horizon de l’absurdité dans laquelle on baigne quotidiennement : le « Progrès ».

La démythification du « Progrès »

Le « progrès », direz-vous ? Oui, parlons-en justement. A ce sujet, Albert Einstein disait que : « le mot progrès n’aura aucun sens tant qu’il y aura des enfants malheureux ». Si je partage fermement son avis, il faut néanmoins ajouter que l’accroissement exponentiel des maladies humaines fait également perdre tout sens à cette notion fumeuse.

Voici un raisonnement logique, sémantiquement parlant :

  1. Les Sciences, toutes confondues et incluant les mathématiques, se fondent initialement sur des axiomes. Par définition, des axiomes sont des vérités indémontrables … des propositions considérées comme évidentes, admises sans démonstration. Soit ! Or, une seule chose lie les Sciences à ces axiomes : le langage.
  2. Toutefois, « les significations linguistiques forment système et ne présupposent pas de relation aux choses » (définition tirée du Dictionnaire de Philosophie de Noëlla Baraquin, 3ème édition, Armand Colin, p.15-16). Cela veut donc dire que les Sciences n’ont effectivement pas de relation aux choses en ce qu’elles utilisent les significations linguistiques (mots et symboles). Ce qu’elles [les Sciences] décrivent ne sont pas, en réalité, les choses elles-mêmes mais bien une perception linguistique théorique desdites choses. Enfin, il faut bien sûr mentionner que les Sciences sont le sous-entendu implicite de ce que l’on appelle désormais « Progrès ».
  3. Ainsi, la démonstration précédente place les Sciences au rang des croyances, ou des présupposés, à l’égard de ce qu’il se passe réellement. De fait, le Progrès est, in fine, une croyance. Par conséquent, on peut logiquement dire que le Progrès est une religion, fondée sur des croyances appelées « Sciences » !

Un raisonnement partagé par le « maître » des Sciences modernes

N’est-ce pas ce que disait G.B. Shaw lorsqu’il annonça que « l’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable ».

Mais, par continuité, la notion de « raison » découle du rationalisme, c’est-à-dire une doctrine qui attribue à la raison humaine la capacité de connaître et d’établir la vérité. Or, le père du rationalisme moderne n’est-il pas le philosophe français du XVIIème siècle René Descartes lui-même ?

D’après le site La-Philo, c’est effectivement le cas : « Descartes a fondé le rationalisme moderne, il s’est pour cela appuyé sur les forces de la raison et sur l’évidence, de façon à atteindre le vrai de manière sûre, le but de la connaissance étant de « nous rendre comme maître et possesseurs de la nature » (ce que certains verront comme le début de l’ère de la technique, dominatrice et méprisante à l’égard de la planète : Heidegger lui-même verra chez Descartes l’achèvement de la philosophie de la technique) ».

Cependant, Descartes insista lui-même sur un point fondamental en disant que « je [Descartes] révérais notre théologie [étude des questions religieuses fondée sur les textes sacrés, les dogmes et la tradition], et prétendais autant qu’aucun autre à gagner le ciel ; mais ayant appris comme chose très assurée que le chemin n’en est pas moins ouvert aux plus ignorants qu’aux plus doctes, et que les vérités révélées qui y conduisent sont au-dessus de notre intelligence, je n’eusse osé les soumettre à la faiblesse de mes raisonnements, et je pensais que pour entreprendre de les examiner, et y réussir, il était besoin d’avoir quelque extraordinaire assistance du ciel, et d’être plus qu’homme ». (Discours de la méthode, René Descartes, Librio, p.12-13)

Descartes était croyant et se « plaisait surtout aux mathématiques », dont il avouait pourtant que la force du raisonnement était largement insuffisante pour prétendre à « gagner le ciel ».

D’ailleurs, il n’avait aucune considération pour ce qu’il appelle les autres sciences [sciences distinctes des mathématiques, incluant la philosophie] car il jugeait « qu’on ne pouvait avoir rien bâti qui fût solide sur des fondements si peu fermes ». Enfin, il ajoute que « je [Descartes] ne me sentais point, grâces à Dieu, de condition qui m’obligeât à faire un métier de la science, pour le soulagement de ma fortune ; et quoique je ne fisse pas profession de mépriser la gloire en cynique, je faisais néanmoins fort peu d’état de celle que je n’espérais point pouvoir acquérir qu’à faux titres ». (p.13)

Conclusions

En regroupant les derniers éléments mentionnés ainsi que la lecture du « maître » des Sciences modernes, on se rend indubitablement compte que les Sciences ne sont que du baratin … incluant logiquement les mathématiques puisqu’elles font aussi invariablement partie du registre linguistique. N’oublions pas, non plus, qu’elles reposent sur des axiomes … dont leurs fondations sont risibles (voir absolument le document suivant : Des axiomes des mathématiques à la mathématique des axiomes)

Ainsi s’achève cet article un brin technique mais sans équivoque. Le Progrès, dont l’existence ne tient que par l’existence des sciences, n’a aucun lien avec la vérité et n’est là que pour satisfaire des besoins capitalistes qu’évoquait déjà Descartes quatre siècles auparavant.

Avant tout dogmatique et rationnellement infondé, il est certain que la notion de Progrès, dénommant finalement la seule évolution technique, ne mérite pas la moindre considération. Avec les abominations qu’elle engendre, je rejoins définitivement Einstein lorsqu’il disait que « le progrès technique est comme une hache qu’on aurait mis dans les mains d’un psychopathe ».

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